La Tabatière d’argent – Chapitre 1 (suite)

Normalement prévue pour le 24 août, voici la suite du premier chapitre du livre de mon grand-père. Notons que les mises à jour se feront toutes les deux semaines environ, quelques menus soucis que seule la haine et mes couilles pourront éradiquer.

Tout ceci est fort simple. Il y a des années la petite rivière La Chardonerette était très sableuse et les paysans de ce temps-là en tiraient du sable et du gravier. Puis, le comte Jean Chardon de Torcy fit sablé ce chemin où nous marchons afin que les calèches qui se rendaient au château ne restassent dans quelques fondrières. Nous arrivons au bois du Pendu. Là, un soir d’hiver, le 3 décembre pour être précis, le frère du comte Chardon de Torcy qui lui, était Bertrand de la Malaudière (Malaudière venait de sa femme la marquise Joséphine), Bertrand dis-je, s’était pendu ce soir du 3 décembre. Pourquoi ? On ne sait pas très bien mais l’histoire nous l’apprendra peut-être.

Le fait est que ce petit bois fut appelé le bois du Pendu et fut maudit du comte Jean. Aujourd’hui, on y voit une rangée de cyprès qui en masque l’entrée. Comme je vous le disais, nous n’avons pas mis longtemps  pour arriver à cet endroit. Ne frissonnons pas, le pendu n’y est plus.

Encore quelques pas et nous arrivons au château. Entouré d’un vaste parc clôturé par un haut mur couvert en partie de lierre, là, derrière, cette imposante grille noire. Au fond, au-delà d’une pelouse un peu délaissée s’élève le château.

C’est une importante bâtisse encore assez bien entretenue, c’est là que demeure le comte Chardon de Torcy, la comtesse Élise et leur fils, le comte Gaëtan de Torcy. Bien sûr, il y a aussi les domestiques mais nous aurons l’occasion d’y revenir.

Laissons le château au milieu de ce bouquet de verdure pour redescendre au village, par ce que l’on appelle la grand’route.

Cette route est assez agréable, elle longe les prés où paissent les vaches tachetées de brun. Depuis le haut de cette route on aperçoit les toits du village de Torcy d’où s’échappent les fumées grises qui montent droite en ce jour sans vent.

Nous voici de retour en passant devant chez Blaise, le garde champêtre, un homme dont les enfants d’ici craignent beaucoup.

Là, tout à côté, cette petite maison avec cette cour recouverte de gravier, c’est l’école communale. Le rez-de-chaussée comprend une classe. Le premier étage est le logement de l’instituteur ou de l’institutrice. Actuellement il est libre, nous sommes au mois d’août et monsieur Duvard le maire de Torcy attend une réponse pour un ou une remplaçante.

Là, au fond d’un jardin mal entretenu, on aperçoit une vieille masure cachée en partie par des sureaux dont les grappes noires s’écrasent contre le mur. Dans cette masure peu accueillante habite une vieille femme qui est la mal aimée du pays. Ceux-ci d’abord la surnomme la Sureau, ce surnom vient du fait que sa maison est cachée par les sureaux, ces arbres aux fruits noires à l’odeur peu agréable.

La vieille Sureau est au courant de tout ce qui se passe au village et de ce qui s’est passé jadis…

Nous ne nous attarderons pas devant cette maison. Faisons quelques pas et voici la maison de Jules, l’homme à tout faire. Toujours prêt à rendre service. Il est célibataire et se trouve handicapé par un pied bot. Les vilaines langues disent que sa mère buvait. Il vit seul depuis que sa mère est morte ainsi que son père, qui s’est tué en tombant d’un grenier dont il réparait le plancher, un grenier du château.

La vieille Sureau à toujours raconté que ce n’était pas un accident. Mais le gendarme Galibet, qui a fait l’enquête et le constat à l’époque, que c’était formel.

Vous connaîtrez donc le village de Torcy, ce petit village que beaucoup n’auraient pas connus s’il n’y avait pas eut cette mystérieuse aventure mêlée à un drame étrange suivi d’un amour passionné.

Bien sûr, je vous aura tout dit de Torcy le Château mais je n’oublierai pas son lavoir où se rencontrent les bonnes et mauvaises femmes, comme la vieille Sureau.

J’ai tenu à ce que vous connaissiez ce petit village afin de bien vous situer et comprendre l’histoire que je via vous contez maintenant. L’histoire débute donc au mois d’août, un été chaud où les moissons sont terminées.

Fin du Chapitre 1. Suite le vendredi 7 septembre. Les mises à jour prochaines seront plus espacées…

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