À propos

Je vais être très court, aussi court que possible.

Ma vie est un long gâchis. On ne m’a pas appris à être heureux. Je pense que c’est quelque chose qui doit s’apprendre à l’enfance. Aller aux autres, de découvertes en découvertes. Être épanoui dans son enfance est le meilleur moyen de l’être dans son adolescence et donne de précieuses clefs pour l’âge adulte. L’école n’était pas mon truc et mes chers professeurs me le faisaient comprendre et m’indiquant joyeusement la voie de l’apprentissage. Comme si tous les cons passaient par là. Belle mentalité pour des adultes exerçant pour la plupart leur métier sans conviction ni passion. Alors ma mère, seule à ce moment là car obligée de mettre fin à son mariage après les écarts sexuels de son mari, a écouté mes professeurs, direction apprentissage. Je me suis inscrit aux Compagnons du Devoir option Boulangerie – Pâtisserie. Hélas, quelques semaines plus tard malgré un métier difficile qui me plaisait, j’ai reçu un gentil courrier m’annonçant que j’étais asocial et qu’on rompait mon contrat. Ne sachant pas quoi foutre l’année de ce désastre, ma mère m’a inscrit en hâte aux deux pires années de ma vie (que je croyais). Un petit BEP Productique et Mécanique générale. Deux ans après et l’obtention du sésame scolaire et pour faire plaisir à ma mère, j’ai opté pour la comptabilité, adorateur de chiffres que j’étais. Mais toujours en BEP… Oui, un second. Deux ans plus tard et l’obtention de celui-ci, je me suis dit que le commerce était sympa car on me demandait toujours des conseils dans les magasins et c’était rigolo… Hop, direction Bac Commerce. Deux ans plus tard, après obtention d’un nouveau diplôme, notre belle armée française ne m’avait pas oublié (naissance en 1977, pas de grandes études…). Ne souhaitant pas être payé une misère avec une solde de chien, je me suis engagé, le truc de fou.

1 an plus tard, j’ai demandé à mon lieutenant-colonel de partir. Long à expliquer mais je suis bel et bien parti. J’ai été embauché par les Galeries Lafayette (Nouvelles Galeries à l’époque), puis la Fnac. Avant d’atterrir chez (Planète) Saturn en 2001.

Mais tout ceci est un cursus pro, encore que… Mais moi, qui je suis ?

En 2010 ma vie s’est arrêté. Ou 2009 d’ailleurs, je ne sais plus lorsque j’en ai plus eu rien à cirer de la vie… Voyant qu’on arrivait pas à avoir d’enfant avec ma copine, j’ai effectué un spermogramme. 85 % de mes spermatozoïdes étaient soit débiles, soit coupés en deux, trois ou quatre… soit lents. La vacherie, éjaculer dans une éprouvette devant des magazines porno français avec des « oh prends moi gros cochon » n’a pas dû arrangé les choses. Plus tard, 60 %… c’était de toute façon trop tard. Car c’est là où tout bascule.

En 2013, je demande à ma moitié si elle veut une pause car depuis quelques jours rien ne va. Elle est fatiguée et moi aussi bien sûr. Je suis erratique au possible et je n’arrive pas à digérer ces petits rendez-vous du vendredi (…), les cafés qu’elle buvait avec un ami d’enfance. C’est en sortant un jour de la cuisine sans bruit visiblement que j’ai vu qu’elle parlait à quelqu’un, elle a viré les messages mais le mâle voleur a refait surface avec un :

« t encore la, sava? »…

Je n’arrive pas non plus à m’enlever de cette idée que je ne suis pas un homme. Que jamais je n’aurai d’enfants et voir un mec draguer ma copine et bien plus peut-être n’a rien arrangé à cette diminution. J’ai été agressif, boudeur. Boulot difficile, stressé chaque jour comme personne ne peut l’imaginer. Ma tentative de suicide de l’an dernier témoigne d’un ras le bol général. C’est surtout lorsque je capte un mail d’une copine envoyé à la mienne (oui c’est moche) et que je lis ceci :

« mais tu ne le supportais plus de toute façon »

L’avant dernier coup de poignard me transperce. Oui l’avant dernier. Car 1 an après, un ami commun avec mon ex me parle en ces termes :

« tu sais pour moi je suis sûr que tu n’es pas un monstre »

Un monstre ?… Il n’a pas voulu m’en dire plus voyant que j’étais effondré. Qu’importe après tout, oui, j’ai des regrets, j’ai merdé, je n’ai pas su être à la hauteur. Maintenant, chaque jour est le dernier et je fais tout pour que personne ne soit emmerdé à ma mort. Car un jour, Critikale ne sera plus qu’un site sans personne derrière. Je rembourse tout ce que je peux, je vide mon appart petit à petit. Des fois je souris, je me dis que tout n’est pas noir mais après je pense à mes amis, à tous ceux que j’ai perdu, qui en ont strictement rien à branler de ma personne et comment puis-je leur en vouloir ? Comment ? Des regrets, ma vie est un immense regret et je laisserai derrière moi juste un mec inutile, sans saveur, que tout le monde oubliera vite. Tous mes achats, mes paroles, tout ce que je fais et vis ce jour et demain est organisé dans ma tête, pour un grand final.

Maintenant vous savez presque tout. Critikale subsiste mais a perdu ses archives depuis 2005, je pense même que je vais arrêter de parler de jeu pour me concentrer sur un testament, comme un compte à rebours. Car en fin de compte, le pire dans ma vie, c’est de crier que je vais mal et que tout le monde en a tellement l’habitude que ça finit par lasser. Comme je vous comprends. Lorsque je serai mort, vous vous direz :

« ah du coup il ne plaisantait pas ce con »