Mour(r)ez avec Ciflox

Une personne de mon entourage (histoire de respecter son intimité) prend un médicament, le Ciflox. Les effets secondaires se comptent par centaines, que dis-je, par milliers ! Jugez plutôt :

Niveau digestif, vous risquez des nausées, des vomissements bien sûr, des diarrhées, perte d’appétit, douleur au ventre (forcément avec tout ça !), troubles au niveau de l’estomac (parce que avant c’était quoi ?). Mais attention, rarement une petite colite pseudo-membraneuse (diarrhée sévère cette fois, persistante et/ou sanglante (!), pancréatite (inflammation du pancréas) pouvant mettre en jeu la vie (aaah, si c’est qu’ça).

Niveau cutané, rien de bien méchant, éruptions, démangeaisons, rougeurs. Rarement des réactions cutanée lors des expositions au soleil (ça tombe bien, nous sommes en hiver…). Très rarement (ouf), des pétéchies (petites tâches rouges-violacées sur la peau, ça doit être joli tiens). Mais attention, exceptionnellement, des nodules rouges et douloureux situés sous la peau (j’aime l’ajout de « douloureux »), éruption de papules rouges (lésions de la peau en relief (!), de taille variable (mais qu’est-ce qu’on rigole HEIN !) qui peuvent d’étendre et confluer, des lésions sévères de la peau à l’aspect de cloques et de bulles sur le corps (des bubulles…). Cette dernière petite merveille est connue sous le nom de syndrome de Lyell et de Stevens Johnson, forcément, il fallait bien deux gus pour tout ça…

Niveau rhumatologique (ben oui c’est pas fini), des douleurs musculaires et/ou articulaires (c’est au médicament de choisir, selon l’humeur (et l’humour)) et des ch’tites raideurs et/ou gonflement articulaires (vous remarquez qu’il y a du choix). Après ça, quelques rares cas de tendinites et ruptures tendineuses qui peuvent survenir dès les premiers jours de traitement et atteindre les deux côtés du corps. J’aime juste à la fin de ce petit paragraphe le « cf Dans quels cas ne pas utiliser ce médicament ? », euh… Lorsqu’on est vivant ?

Saluons les quelques manifestations cardio-vasculaires comme des palpitations, syncope et très rarement, vascularite (inflammation des vaisseaux).

Niveau neurologique et psychiatriques (parce que jusqu’à là, c’était d’la rigolade), des convulsions pouvant exceptionnellement (ouf…) être généralisées et prolongées (là il faut regarder les « Précautions d’emplois », la manuel de 300 pages fourni avec), confusion, hallucinations, maux de tête, étourdissements, fatigue, insomnie, troubles de la vue, sensations d’ivresse, anomalies de la perception de la sensation du toucher (dites bonjour au « s » de « anomalie »), pression excessive à l’intérieur du crâne (!), tremblements, troubles de la personnalité, agitation et anxiété… Waouh. N’oublions pas le fameux « exceptionnellement » : dépression et atteinte des nerfs des membres.

Niveau rénale (attendez, je prend le cinquième volume…), présence de cristaux dans les urines, insuffisance rénale aiguë disparaissant à l’arrêt du traitement (aaah bon, c’est cool alors).

Niveau allergique… Urticaire, rougeur brusque du visage (pouf ! une tomate), bouffées de chaleur, œdème des extrémités et/ou de la face, baisse de la tension artérielle (ben oui, après tout ça), fièvre, réaction/choc d’origine allergique généralisé pouvant menacer la vie (à ce stade, vous êtes mort 10 fois) comportant exceptionnellement un brusque gonflement du visage et du cou.

Nous continuons (!) bien sûr par des petites modifications du bilan sanguin (si votre sang ne s’est pas déjà barré). Rarement, une quantité insuffisante de globules blancs dans le sang, quantité excessive de certains globules blancs (éosinophiles), diminution des plaquettes, diminution des globules rouges (ah eux aussi sont de la fête). Très rarement (…), une diminution des globules rouges, chute importante de certains globules blancs (neutrophiles). Exceptionnellement (chouette), une diminution de tous les éléments du sang (oooh, rien que ça) (globules blancs, globules rouges, plaquettes) et un appauvrissement de la moelle osseuse en cellules sanguines pouvant menacer la vie (mais juste la menacer…). Toutes ces modifications du bilan sanguin peuvent se traduire par une fièvre inexpliquée (sans blague ?), des saignements du nez ou des gencives ou une pâleur, une fatigue intense. Là aussi, j’aime le « Consulter alors rapidement votre médecin », faut pas qui soit loin le gars.

Dernier point, simplement hépatique… Une rare perturbation du bilan hépatique avec élévation de certaines enzymes du fois (transaminases ASAT-ALAT, phosphatases alcalines), élévation de la bilirubine (pigment biliaire) dans le sang, jaunisse. Et pour finir en beauté, exceptionnellement, hépatite et destruction du foie (!) pouvant mettre le vie en jeu (oui forcément).

Le verdict est simple, je suppose que de nombreux médicaments font état d’une liste aussi grande d’effets gênants. Là encore, j’adore le « Comme tout produit actif, ce médicament, peut chez certaines personnes entraîner des effets plus ou moins gênants ». C’est vrai que mourir ou déféquer notre foie est plus ou moins gênant. Bref, ce qui me désole le plus est que tous ces effets ressemble un peu à un état des lieux d’un appartement, en gros, quelques personnes ont eu ces problèmes alors il faut les mettre pour ne pas se faire avoir par les avocats des victimes. En plus, lorsque je vois la date de révision de la notice (mars 2006), je me dis qu’ils ajoutent quelques effets gênants chaque année, selon leurs victimes.

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