Tu ne le supportais plus

Soirée Noël au boulot ce soir et il est bien tard lorsque je rentre chez moi en ouvrant directement Critikale sans me poser directement dans mon lit vide de vie.

C’est avec quelques grammes dans le sang et un cerveau certainement diminué que je me suis décidé à écrire ces quelques lignes. En roulant avec ma vieille voiture (une Xantia, ma Polo a rendu l’âme) car j’ai eu comme un déclic. J’ignorais pourquoi j’étais si triste depuis 3 ans, pourquoi ma vie s’était si brutalement arrêté. Bien sûr j’avais une raison claire, perdre l’amour de ma vie, la voir partir pour autre chose, quelqu’un d’autre, d’autres lieu, d’autres activités, d’autres amis, mais aussi les mêmes, identiques, mais bien différents de ce que je connaissais…

Mais non. Non, ce n’était pas exactement ça. Il y a 3 ans, j’étais devenu une merde, quelqu’un d’odieux, de mou, d’agressif, d’abjecte, quelqu’un que je détestais, une personne parmi tant d’autres personnes infectes. C’est en lisant un mail, non par hasard, que j’ai découvert qu’on ne me supportais plus. Depuis combien de temps, certainement des mois, des années même. Oui, que j’étais devenu insupportable. Un être qu’on ne peut plus supporter, quelqu’un de tellement mauvais, tellement monstrueux, qu’il était impossible de regarder, de serrer dans ces bras, d’embrasser, de lui dire qu’on l’aimait, qu’on ne le laissait pas tout seul, qu’on comprenait ses souffrances actuelles, qu’on arrivait à déceler en lui ce grand coeur, positif, et non cette personne devenu transparente, cette même personne qu’on ne supportais plus.

J’ai découvert ce soir, en passant tous les feux verts sur un route déserte qui menait à mon domicile, que cette phrase « mais tu ne le supportais plus » m’avait parfaitement anéanti. Depuis tout ce temps, j’essaie d’être la plus belle personne qui soit et oui, je pense y arriver, j’essaie de ne pas refaire les mêmes erreurs, je repousse quiconque me demande un verre, un café, de me connaître. Car autrefois j’étais une mauvaise personne, celle qu’on en supporte plus, celle qu’on quitte, qu’on lâche, qu’on trouve différent, comme métamorphosé après tant d’années fragiles. J’ai mal agi, j’ai mal parlé, dit des choses qui ne fallait pas, commis l’erreur de fatiguer mon amour, l’amour de ma vie, celle avec qui tout était possible, celle qui était si parfaite, si merveilleuse.

Nous sommes en novembre, un mois difficile pour moi, mais bien moins que ce mois merdique de décembre où je vais encore écrire des articles fâcheux, des articles certainement triste mais rédempteurs. J’ai été une mauvaise personne, à moi de me cacher maintenant pour être dans mon cœur celui qui aide en silence, celui qui aime la vie des autres car la sienne est terminée.

J’ai enfin compris ce que j’avais, on ne me supporte pas, on m’a détesté, on m’a fait du mal à moi aussi car je fus mauvais. Pardonnez-moi vous tous, pardonnez moi car je n’étais pas un monstre, j’étais simplement triste. Maintenant, je le suis bien plus encore mais au moins, je fais de mal à personne car je ne suis rien pour tout le monde, et dans mon cœur je ne suis plus rien.

Je souhaite un merveilleux anniversaire à ma mère née le 25 novembre, elle aussi je l’ai déçu en brisant ce couple qu’elle aimait tant…

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