T’es pas encore mort connard ?

Pas de Assassin’s Creed Valhalla ce soir, je poursuis tranquillement mon aventure après 42 heures de jeu. 42 heures c’est beaucoup lorsque l’on connait mes horaires et mes difficultés à dormir depuis 4 ans. Cette nuit va être encore bien pénible.

Article noir ce soir, prévu, acté, depuis déjà deux semaines. Ce soir, ou plutôt cette nuit vu qu’il est 1 h 25 sur l’horloge de Windows 10, j’ai décidé d’expliquer pourquoi je ne suis pas mort, au lieu d’indiquer mes intentions de me suicider.

Petit 1 : l’art et la manière

J’ai réfléchi à plein de trucs. Je suppose que dans l’idéal et de réitérer le découpage en bonne et dûe forme de quelque veines. Mon psy de l’époque, souvenez-vous, m’avait dit que je m’y étais mal pris, dans le mauvais sens. Rien que pour ça, je devrai y aller avec la bonne méthode et écrire dans mon testament que j’ai réussi grâce aux conseils avisés du gentil monsieur qui posait des questions connes. Cette technique est la plus évidente. Elle m’ennuie quand même car ça va traîner, j’ignore le temps que ça met pour s’évanouir ou je ne sais quoi et ne plus se réveiller. Une autre technique écartée est la pendaison. Impossible. Déjà parce que je suis bien trop maniaque et je vais devoir penser au matos et à l’endroit, mais aussi parce que ça doit être chiant de penduler ainsi. Une autre technique consiste à se balancer par la fênêtre, habitant au 3e étage ça devrait être mortel. Là encore, c’est ennuyeux car avec mon bol de ces dernières années, je vais me louper et vivre, ou vivre handicapé. Le courage d’un handicapé est quelque chose que je n’aurai pas. 4e moyen plausible est le coup de médicaments à haute dose. Facile, mais faut-il trouver quoi… Je ne pense pas qu’un coup de Doliprane ou je ne sais quel truc suffirait. Enfin j’en sais rien je vais me renseigner. Il y a aussi l’accident de voiture. De nombreuses fois j’ai voulu m’écarter de la droite route et foncer je ne sais où (seul je vous rassure). Mais connement je penserai plutôt au prix des réparations si là encore je me loupais. Bref, j’en viens donc au petit 2.

Petit 2 : le courage d’y arriver

Du courage, actuellement, j’en ai pas. Pour deux raisons distinctes. Déjà je pense que l’acte serait facile car j’y pense souvent et il suffit d’une goutte si je puis dire, mais surtout je pense au lendemain. Lorsque je me suis tranché les veines pour la première fois, j’ai eu un regret, un truc tout con me disant que j’allais faire de la peine à ma mère et mon frère. Or, j’ai immédiatement, après quelques minutes à peine, envoyer un message à mon meilleur ami (que je ne vois plus) et il est venu jusqu’à Dijon pour constater que j’avais commis un acte complexe. Ridicule car si je ne l’avais pas prévenu, je serai peut-être pas en train d’écrire mais dans tous les cas, je m’étais trompé de sens pour le tranchouillage. Il faut quand même du courage mais si de nombreuses personnes pensent surtout à la lâcheté du geste. La lâcheté n’est-elle pas un ultime acte courageux… Mais en cette fin d’année 2020, le courage est bien meilleur, c’est déjà ça et c’est justement ce petit 2 mêlé judicieusement au petit 1 qui va laisser Critikale orphelin. Mais il y a aussi le petit 3, et oui.

Petit 3 : un lendemain sans ses proches

Admettons que je me tue ce soir, cette nuit car je suis lent à écrire ce mot, il est déjà 1 h 42 (oui j’ai commencé à 1 h 25). Que se passerait t-il demain ? Ma mère réagirait comment ? Je n’ai quasi plus d’amis alors ce n’est pas la question. Mon frère serait-il triste ? Forcément mais est-ce qu’il m’en voudrait ? Ce serait moche. Au boulot, comment réagiraient-ils ? Rien à secouer ou certains seraient faussement triste ? Ces questions sur le lendemain ou les quelques heures après un suicide font parti de mon quotidien, je me demande… Quel sera le monde sans le voir dans 20 ans ? Mixons alors les petits 1, 2 et 3 pour résumer la situation.

Alors je me tue quand ?

Si la chose pourrait surprendre, si la rigolade en voyant cet article serait de mise ou si cela glisserait en vous un sourire étonné, il n’arrive pas un seul jour où je n’y pense pas. Le courage est presque là, la méthode aussi mais c’est surtout le lendemain qui pose problème. Cela pourrait être positif. En gros, je suppose que j’ai le courage de le faire, que je sais comment y parvenir sans souffrir et sans lenteur, sans témoin et sans prévenir. Mais avec succès. Mais je me demande vraiment ce que deviendront mes proches. Si ma mère trouverait un appartement sans son fils pas loin d’elle. Si mon frère reviendrait enfin à Dijon pour prendre soin de ma mère, si on se souviendrait de moi dans 2 mois, 6 mois, 1 an. Si mon site serait fermé après l’année de cotisation auprès d’OVH. Comment je ferait pour mes (faibles) crédits en cours, pour mon appartement, si ça poserait problème à mes proches. Tant de questions qui restent en suspens. Dès que le courage arrive à 100 %, que la méthode est acquise pleinement et que j’ai finalisé mon au revoir auprès de ma famille et de certains, alors oui, je me tuerai.

Article noir mais évident. Car celui-ci, contrairement aux nombreux autres où j’étais bien con d’écrire sur mon suicide en cours, est un article construit, où je parle des difficultés d’une personne pour en arriver à cette extrémité. Et j’espère, si un jour il n’y a plus d’article sur Critikale, que vous ferez attention à vos proches et à vos connaissances, même lointaine. Personne ne sait et se doute de la souffrance de quelqu’un, cette souffrance silencieuse qui dure depuis tellement longtemps.

On peut se poser la question sur ma volonté d’attendre certains jeux, de parler d’un éventuel changement de TV, de réparations dans mon appartement, de toutes ces conversations que le tout commun peut avoir, et bien c’est un leurre, un simple vent.

Rendez-vous mardi 8 décembre, après mon deuxième dimanche travaillé et ma fatigué mortelle, pour un nouvel article, non pas noir, mais rouge du sang des Vikings du Valhalla.

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