L’élection a été jugée valide, quoiqu’un peu irrégulière

Cette phrase est, pourrait-on dire, d’actualité. Elle est surtout tirée du Journal de Paris, dans son édition du 12 juillet 1789. Je l’ai trouvé rigolote et tellement naturelle… Une explication, complexe et folle s’impose.

Avant toute chose, Critikale est toujours en pause malgré cet article correspondant à une infime partie de mes passions. Avec l’arrivée un jour de Wordheal, mon éternel site sévissant depuis 2005 ne sera peut-être pas continué mais simplement laissé en ligne. Je me pose énormément de questions en ces temps moroses et je dois bien avouer que l’année 2022 est comme toute cette poignée précédente, plate comme un pancake écrasé. Ouais c’est sacrément plat ça, et moche. Profitez ainsi de cet avant-dernier article sur cet incroyable site historique…

Pour faire suite à l’étrange édito, voici le journal en question :

Daté de sa parution (le 12 juillet 1789) et écrit le vendredi 10 juillet. Ce journal est l’édition originale (il y a 233 ans).

Deux autres images ci-dessous, avec explications de ma folie plus bas.

Photo de l’édition originale de 1789
Photo de la copie avec Illustrator CC

J’avoue avoir une énorme affection pour les livres anciens, la texture du papier, l’histoire de toutes ces oeuvres, de quelles mains proviennent-elles, et leur parcours. J’ai acquis récemment 4 exemplaires du Journal de Paris (1777 – 1827). Les journaux sont visibles sur le site de la Bibliothèque Nationale de France (BNF) à cette adresse. Chaque mot est extraordinaire, il se dégage une ambiance particulière grâce aux écrits de personnes ayant vécues il y a 250 ans. Comme souvent lorsque je découvre quelque chose d’ancien, j’essaie de remonter au plus près de chaque source. C’est étrange, j’ai bêtement l’impression de sauvegarder une oeuvre importante dès que j’achète un vieux machin…

Dans ce journal de 1789, j’ai pu apprécier l’ancienne orthographe des mots « jugements« , « longtemps » et « alarmes« . Écrits « jugemens« , « long-tems » et « allarmes« . Il n’y a qu’aux XVIIIe et XIXe que « jugement » s’écrivait sans T. Je n’ai pas trouvé d’autres correspondance, sachant que, comme le mot « alarme », les graphies ont constamment changé au fil des siècles. Le mot « alarme » ne trouve que deux L entre le XVIIe et le XVIIIe. Pour « longtemps« , le mot a énormément changé depuis le XIe. Ce n’est qu’à la fin du XIXe que sa graphie définitive a débuté.

Il y a aussi les espaces entre les virgules et les points virgules. Dorénavant, il n’y a qu’une espace après (on dit d’ailleurs « une espace » lorsqu’on parle de typographie. Bon à savoir. Le point-virgule peut s’écrire des deux façons, espace avant et après ou seulement après.

Notons aussi l’expression « faire par acclamation » qui signifie qu’un vote a été décidé suite au degré de l’acclamation du public… Je n’ai pas trouvé la signification exacte des guillemets utilisés pour l’adresse du Roi (la lettre du Roi). Ce sont certainement des guillemets de citations. Je regarderai plus précisément une prochaine fois.

L’Académie Française indique clairement qu’il n’y a pas de majuscule aux mois. Pourtant, on voit clairement le « Vendredi 10 Juillet ». L’orthographe a décidément énormément évolué (en bien ou en mal…) mais je n’ai pas trouvé de trace d’une utilisation correcte des majuscules sur le mois, il s’agirait bien ici d’une faute de français.

Dans ma version corrigée, j’ai remplacé le « & » par « et » pour clarifier le texte et les fameux FF de l’ancien français par des S plus lisibles. Cette version corrigée avec Illustrator CC (et plus tard modernisée en conservant le charme de l’original) sera peut-être mise en ligne.

Bien d’autres choses à dire mais je vais en rester là car la fatigue me gagne et mon cerveau me lâche.

À plus tard la semaine prochaine pour le dernier article. Restez connectés.

chevron_left
chevron_right

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Commentaire
Nom
E-mail
Site